la plume deloche
Deloche: c.à.d. "de l'oie" (M-T. Morlet: Dictionnaire des Noms de famille, Perrin)
Infos, promotions, à paraître : la vie privée des livres
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Prix Mémoire d'Oc 2011 : les finalistes
Françoise Bourdon : Le moulin des sources
Sylvie Gilbert : Derrière les portes
Jean-Pierre Leclerc : De longues fiançailles
Hélène Legrais : Les héros perdus de Gabrielle
Christian Signol : Une si belle école
Proclamation du prix en décembre

Un inédit de Léon Cladel ! (février 2011)
Il dormait à la Bibliothèque Municipale, Christian Delpérié l'a réveillé -et le fait paraître aujourd'hui, introduit et annoté par ses soins, aux éditions Publibook (20.00€).
Xilder, le personnage qui donne son titre au roman, évolue dans le monde d'aprés 1870, "cette époque où tous les espoirs étaient permis et les rêves accessibles."
Les Prix Littéraires 2010
Goncourt.
Michel HOUELLEBECQ : La carte et le territoire (Flammarion)
Renaudot. Virginie DESPENTES : Apocalypse bébé (Grasset)
Femina. Patrick LAPEYRE : La vie est brève et le désir sans fin (POL)
Médicis. Maylis de KERANGAL : Naissance d'un pont (Verticales)
Interallié. Jean-Michel OLIVIER : L'amour nègre (De Fallois)
Académie Française. Eric FAYE : Nagasaki (Stock)
Goncourt des lycéens. Mathias ENARD : Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (Actes Sud))
Renaudot des Lycéens. Agnès DESARTHE : Dans la nuit brune (L'Olivier)
Femina Etranger. Sofi OKSANEN : Purge (Stock)
Médicis Etranger. David VANN : Sukkwan Island (Gallmeister)
Renaudot Essai. Mohammed AISSAOUI : L'affaire de l'esclave Furcy(Gallimard)
Femina Essai. Jean-Didier VINCENT : Elisée Reclus (Robert Laffont)
Médicis Essai. Michel PASTOUREAU : Les couleurs de nos souvenirs (Seuil)
Décembre. Frédéric SCHIFFTER : Philosophie sentimentale (Flammarion)
Flore. Abdellah TAIA : Le jour du Roi (Seuil)
Wepler. Linda LE : Cronos (Bourgois)
Premier Roman.
Nobel.
Prix France–Télévision.
Jérôme FERRARI : Où j'ai laissé mon âme (Actes Sud
Prix du Livre Inter.
Disparition de René Rougerie, éditeur de poésie
Michel Baglin, Henri Heurtebise, Philippe-Marie Bernadou, Casimir Prat, René Rougerie et Jacqueline Roques à la Cave à lire (1995)
L’hiver des poètes
Il faut se garder d’annoncer le printemps avant l’heure. Un vent froid nous vient du Limousin : René Rougerie est mort. En 1980, Monsieur Rougerie avait exactement l’âge que j’ai aujourd’hui, et je débutais en librairie. On parlait de Joe Bousquet, de Saint-Paul Roux, de Boris Vian qu’alors sans doute je connaissais mieux et dont il était malicieusement fier d’avoir publié les Cantilènes en gelée dédaignées à Paris. On s’apprivoisait. J’apprenais à deviner ce qu’il ne montrait pas. Sa voix ténue cachait des passions affirmées –des colères, parfois. On le croyait disert quand il était secret, fragile quand il était granit –peut-être est-ce la raison pour laquelle la Bretagne était sa terre d’élection.
Pourquoi l’imaginais-je ermite dans sa froide maison de Mortemart ? Sans doute est-ce que, comme eux, il donnait beaucoup sans ne jamais rien demander, sûr que la route qu’il avait choisie était la bonne, qu’il n’y avait rien qui justifiât mieux la vie que d’imprimer des mots noirs, les mots des autres, sur du papier blanc. Il avait cette foi-là. Ses mots à lui, il les a gardés pour dire tout le bien qu’il pensait des milieux culturels et de leurs instances. Il a appelé son livre La fête de ânes ou la Mise à mort du livre. Tout un programme…
J’ai eu la chance qu’il m’accueille sous l’immuable couverture blanche, auteur noir, titre rouge (est-ce lui qui disait que là était la seule, l’authentique « collection Blanche » ?), dans la famille disparate de ses auteurs, que seul unissait son choix, revendiqué dans ses engagements comme dans ses erreurs… Il y eut des fêtes. La première hébergée par la librairie de BD disparue de Philippe Rodier, pour la sortie du n° de Poésie Présente consacrée aux poètes du midi toulousain (arrêtons-nous un instant sur cette idée lumineuse : la revue vivait de ses abonnements, et les tirés à part de ses cahiers comblaient la fierté des auteurs…). Et voici encore : on le croyait ascète et c’était un gourmand. D’autres fêtes plus tard : à la Cave à lire de notre librairie montalbanaise, à la Cave-Po de René Gouzenne, rue du Taur à Toulouse. Amitiés souterraines. Poésie underground.
Il n’y aura plus de fêtes avec René Rougerie. Depuis plusieurs années Montauban est devenu trop éloigné de Mortemart, c’est Olivier qui a repris le bâton –et la camionnette- du pèlerin. Il ressemble à son père. Qu’il veuille prendre ceci pour un compliment. La maison Rougerie reste dans ces marges où l’existence à un sens, quand elle n’en a plus beaucoup nulle part.
A Olivier et aux siens toute notre peine.
Et à bon éditeur, salut !
Philippe-Marie Bernadou (18 mars 2010)
Librairie
Deloche



